Une StartUp à BPCE ?

La Presse économique annonce le plan numérique de BPCE mais elle ne nous apprend rien que nous ne sachions, car la Direction ne ménage pas ses efforts de pédagogie afin de nous convaincre de notre infaillible transformation vers la nouvelle économie.

Pour preuve, tout d'abord, l'installation blitzkrieg de la task force digitale dans une mezzanine meublée chambre d'enfant, avec couleur qui égaye le travail et ce qui suit par ordre d'apparition :

  • les poufs pastel qui font réfléchir,

  • un écran géant pour voir large,

  • les murs où il fait bon peindre sa vie numérique de demain,

  • les post-it pour les littéraires bavards,

  • la cafétéria avec café à volonté pour le goûter d' « idéation » avec les collègues,

  • les tables de travail au format carton pizza collaborative.

Bon, comme dans toute bonne production, ce sont les décors qui coûtent le plus cher ; les costumes, moins, puisqu'il s'agit d'assimiler le dress code DJeune's Bohême avec barbe de trois jours, pour garder l'influx, pantalon jean moulé qui te transforme relax et la chemise décolletée sexy.


Les collègues néo startup-ers cultivent jusqu'à l'épuisement l'abnégation estampillée FinTech : improvisation, souplesse et divination sont poussées à leur paroxysme dans un dispositif où il s'agit à chacun d'apporter sa valeur ajoutée tout en surjouant les bienfaits du collectif.


Sont taboues les questions suivantes : qu'est ce que je fais aujourd'hui et qu'est ce qu'on fait demain ? Car ce serait l'aveu d'une part qu'on n'a pas l'esprit "start up" et d'autre part qu'on n'a pas compris les causeries de la hiérarchie, hebdomadaires, verticales et inspirantes...


Qu'ils ne comptent pas non plus sur une généreuse distribution des parts de la FinTech qu'ils bâtissent... De toute façon, à qui pourraient-ils les vendre ?


Quant à la construction du récit de la transformation, alors intervient le fructueux concept télévisuel des saisons :

  • avec une saison 1 réalisée à partir de la prédation des idées et projets dans les cartons/tuyaux ici et là dans le Groupe (gros effort de dévoilement des idées) ;

  • et la saison 2 par la préemption des terrains d'innovation (futur gros effort de concentration des équipes et des budgets SI). En gros : la technique du "pousse-toi de là que je m'y mette" ou, à la mode digitale, « mes amis, ce que vous faîtes est formidable mais maintenant c'est à moi et c'est moi qui le tweete. »

Est-ce comme cela que seront trouvés les relais de croissance et les sources de PNB futures ? Faut-il croire à un plan d'investissement ? Ou bien cela ne masque-t-il pas plutôt, tout en le justifiant, un plan de fermeture d'agence et un rationnement des projets et des investissements SI : un bon vieux plan d'économie tout simplement ?

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